Odoo 20 est dévoilée à Bruxelles fin septembre 2026, à l'Odoo Experience. Comme chaque automne, la même question arrive dans notre boîte mail : « On passe à la nouvelle version tout de suite ? » Notre réponse est toujours la même, et elle déçoit un peu : non. Mais pas dans trois ans non plus. Cet article explique le calendrier d'Odoo, ce qui pèse vraiment dans une migration, quand la planifier selon votre version actuelle, et pourquoi il faut se méfier de ceux qui vous poussent à migrer vite.
Comment fonctionne le cycle des versions Odoo
Odoo publie une version majeure chaque année, en octobre. Chaque version reçoit environ trois ans de support standard : correctifs de sécurité, corrections de bugs, mises à jour légales et comptables. Trois versions sont donc vivantes en même temps, et quand une nouvelle arrive, la plus ancienne des trois sort du support. Quand Odoo 20 arrive, c'est Odoo 17 qui sort. Odoo 16 a déjà quitté le support standard en 2025.
Hors support, le logiciel tourne encore. Rien ne s'arrête le lendemain. Mais plus de correctifs de sécurité, plus de mises à jour légales, plus de correction de bugs. La prochaine évolution de la TVA, le prochain format Peppol, le prochain changement comptable n'arriveront pas dans votre Odoo. Il faudra les contourner à la main, ou payer quelqu'un pour les patcher. Ce n'est pas une panne. C'est une exposition qui grandit chaque mois.
Vous ne savez pas quelle version vous utilisez ? Elle est affichée dans Paramètres, tout en bas de la page.
Ce qui pèse dans une migration, et ce qui ne pèse pas
Une migration, ce n'est pas le logiciel qu'on change. C'est tout ce qu'on a construit autour qu'on vérifie. Et le poids se répartit très inégalement.
Ce qui ne pèse pas : le standard. Ventes, facturation, stock, comptabilité configurés sans code. Odoo les migre lui-même, avec son service de mise à niveau. C'est tout l'intérêt d'avoir choisi le standard au départ : la migration d'un projet propre est, elle aussi, propre.
Ce qui pèse : le spécifique. Le code écrit pour vous, les intégrations avec vos autres outils, les rapports adaptés à votre métier, les modules tiers. Chaque ligne doit être relue et adaptée pour la nouvelle version, puis testée. C'est là que va le temps, et c'est pour cela que nous chiffrons le coût de suivi du sur-mesure dès le premier devis, pas à la migration suivante. Le détail de ce que couvre une migration Odoo chez nous, reprise de données comprise, est sur la page dédiée.
Une conséquence pratique : si vous êtes en 16 et que vous « sautez » deux versions au lieu d'une, c'est le double de spécifique à relire, avec moins de recul sur chaque étape. Rester est une décision comme migrer. Elle a un coût, il est juste moins visible. Il s'accumule.
Jamais la .0 : pourquoi attendre quelques mois
Une version majeure toute fraîche, c'est excitant sur scène, moins sur un serveur de production. Les premiers correctifs arrivent dans les mois qui suivent la sortie. Les modules tiers doivent être adaptés. Les intégrateurs eux-mêmes ont besoin de temps pour la tester en conditions réelles avant de l'installer chez une PME qui doit encaisser des factures le lundi matin. Ce n'est pas la faute d'Odoo : c'est le lot de toute première version. Ce sont les premiers utilisateurs qui trouvent les défauts de jeunesse, et nous préférons que ce ne soit pas vous.
Notre règle est simple : on planifie en octobre, on migre en janvier, sur une version stabilisée. Entre les deux, on relit le spécifique, on prépare la reprise, on teste sur une copie complète que vos équipes valident. Rien ne passe en production sans avoir été testé.
Cela vaut aussi pour un nouveau projet. Démarrer sur une version toute jeune, c'est parfois hériter de bugs que personne n'a encore rencontrés. Démarrer sur la version précédente, stable, documentée, avec un chemin de mise à jour connu, est souvent le choix le plus tranquille pour une PME sans équipe IT dédiée.
Trois situations, trois décisions
La bonne réponse dépend surtout de votre version actuelle.
- Vous êtes en Odoo 17 : l'horloge tourne, le support standard s'arrête avec l'arrivée de la 20. Planifiez la migration cet automne, pour une bascule en début d'année.
- Vous êtes en Odoo 18 : vous avez un an devant vous. Décidez maintenant, migrez en janvier, sans précipitation mais sans attendre le dernier moment.
- Vous êtes en Odoo 19 : rien ne presse. Attendez une 20 stabilisée, et profitez de ce délai pour faire l'inventaire de votre spécifique.
Et si vous êtes encore en 16 ou plus ancien : la question n'est plus « quand », c'est « comment éviter une migration en urgence ». Ce jour-là, ce n'est plus une migration planifiée, avec le double de spécifique à relire. Mieux vaut l'anticiper que la subir.
Qui a intérêt à ce que vous migriez vite ?
Tout le monde vous parlera des nouveautés de la 20. Personne ne vous dira qui a intérêt à ce que vous migriez vite. Odoo S.A. a intérêt à ce que le marché passe en 20 : ça fait vivre l'écosystème et ça pousse le cloud. Les intégrateurs ont intérêt à vendre des migrations : c'est du chiffre d'affaires, souvent au forfait, rarement remboursé quand ça déborde. Vous, PME de huit à trente personnes, avez intérêt à une seule chose : que vos équipes continuent à travailler sans interruption.
Ces trois intérêts ne sont pas alignés. La 20 n'est pas mauvaise pour autant. Mais la question « faut-il migrer maintenant » ne se pose pas dans une salle de conférence à Bruxelles. Elle se pose chez vous, avec vos chiffres. Trois questions à poser avant de signer un devis de migration, peu importe qui vous le propose :
- Qu'est-ce que ça vous coûte si vous ne migrez pas cette année ?
- Qu'est-ce que ça vous coûte si la migration prend deux mois de plus que prévu ?
- Qui porte le risque si un module sur-mesure casse en production ?
Si votre intégrateur ne répond pas à ces trois questions avec des chiffres, ce n'est pas le moment de signer.
Notre position
Nous passons plus de temps à convaincre des clients de ne pas migrer tout de suite qu'à leur vendre la migration. C'est contre-intuitif pour un intégrateur : une migration, ce sont des heures facturées. Mais nous serons encore là en février quand il faudra que ça tourne. Notre travail consiste à mettre les deux coûts côte à côte, migrer ou rester, avec des chiffres, pas à choisir à votre place.
Nous regardons la 20 de près ces prochaines semaines et ne la recommandons à personne avant d'avoir des réponses concrètes à donner. Vous êtes en 17 ou en 18 et on vous pousse déjà vers une migration ? Un premier échange, gratuit et sans engagement, pour vérifier si c'est le bon calcul, depuis le Brabant wallon, Bruxelles, le Hainaut ou Namur.